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La Fondation Rotary / Les finances du R.I. et de la Fondation Rotary
 

 

   

Les finances du R.I. et de la Fondation

Annexe à l'argumentaire

Tableaux Organigrammes




30/12/2009

Les finances du R.I. et de la Fondation

 

Robert Héline
PDG 2002-2003, RITL 2006 & 2007

 

Argumentaire

concernant les pertes enregistrées par la Fondation Rotary

à la suite de la crise financière

(Version actualisée au 23 novembre 2009

de la conférence donnée à la session d’octobre du Codifam à Beaune)

 

Le but de ce document est triple :

-mesurer l’ampleur de l’impact de la crise boursière sur les finances du Rotary international et de sa fondation depuis juin 2007, relativement à l’évolution des indices boursiers sur la même période,

-essayer d’identifier les causes d’un impact aussi important,

-évoquer l’opportunité d’une démarche à l’égard des dirigeants de notre mouvement visant à limiter à l’avenir le risque de chocs aussi brutaux et de leurs conséquences au niveau des clubs.

 

Il a été rédigé en se référant à tous les documents diffusés sur ce thème par le Rotary international et sa fondation depuis 2 ans, jusques et y compris celui émanant du secrétariat général en date du 8 septembre 2009.

Il n’engage la responsabilité que de son rédacteur qui s’est efforcé d’être le plus précis et le plus objectif possible.

NB :Les dernières réflexions suite aux informations recueillies depuis le 9 octobre sont indiquées dans le texte en couleur verte ou par des numéros de même couleur, renvoyant à des notes en bas de page

 

NB : Pour alléger la présentation du texte, on adoptera la convention : 1 M$ =1 million de dollars US

 

Résumé.

 

1. La diffusion d’informations révélant l’ampleur de l’impact de la crise boursière sur les finances du Rotary international et de sa fondation préoccupe beaucoup de Rotariens, déjà affectés par les décisions restrictives prises en matière de subventions de contrepartie, EGE, et autres prestations de la fondation.

 

2.Les actifs financiers de la fondation Rotary et du Rotary international sont très importants (de l’ordre de 800 M$ au 30 juin 2008, répartis entre quatre principaux fonds) et l’organisation de leur gestion est l’objet de procédures précises

 

3. Les actions sont le véhicule privilégié auquel étaient affectés les actifs « investis» (c’est-à-dire en dehors des liquidités et placements à court terme) de ces fonds, qui s’élevaient à 763 M$ au 30 juin 2008:

 

4. Les pertes cumulées (heureusement non réalisées pour la très grande majorité) occasionnées par la crise financière ont été d’une importance inconnue jusqu’alors et semblent même avoir légèrement excédé en pourcentage(ou au moins être du même ordre de grandeur que) celles constatées sur un panel d’indices boursiers

 

5. Cette performance médiocre pourrait s’expliquer par plusieurs phénomènes dont les plus importants semblent être l’attachement profond à la philosophie du placement en actions et la conviction d’une récupération inévitable des pertes subies en période de baisse des bourses .

 

6. Ce constat ne serait pas aussi préoccupant s’il n’avait un impact immédiat sur les projets des clubs (certes partiellement compensé par les initiatives des districts) en raison des restrictions que la Fondation doit appliquer ; c’est pourquoi il pourrait être envisagé de suggérer aux responsables de la fondation une évolution de leur politique de gestion

*********

1. La diffusion d’informations révélant l’ampleur de l’impact de la crise boursière sur les finances du Rotary international et de sa fondation préoccupe beaucoup de Rotariens, déjà affectés par les décisions restrictives prises en matière de subventions de contrepartie, EGE, et autres prestations de la fondation.

 

Précisons tout d’abord que beaucoup des bruits qui courent sur ce phénomène sont partiellement erronés, par exemple :

·         Il aurait été perdu 250 M $ sous forme de pertes réalisées .

C'est faux, au 28 février 2009, c'est-à-dire au pire de la crise, les pertes financières subies depuis le début de cette dernière, qui s’élevaient certes à 297 M$ (pour la fondation Rotary et le Rotary international), étaient essentiellement constituées de moins-values potentielles.

·         Ces pertes proviendraient essentiellement d'un placement Madoff.

C'est faux, cela « n’aurait » représenté, paraît-il, que quelques % de la perte totale, et il n’en est fait mention dans aucun document à ce jour. Par contre il y a probablement eu des pertes sur les «subprimes »mais le maximum d’exposition à ce type de placement a été de 7,8 M$ à la fondation, et 1,1 M$ au RI

·         Il n’y aurait eu aucune information sur ces mauvaises performances qui de ce fait auraient été « occultées».

C'est faux, ce phénomène a été évoqué dans les rapports annuels de la fondation et du RI au  30 juin 68, et depuis lors par 6 communiqués du secrétaire général du RI , Ed Futa, et par un rapport du trésorier du Rotary international lors de la Convention de Birmingham .

 

D’ailleurs beaucoup d’informations ont effectivement été diffusées à ce sujet sur le site www.rotary.org  où elles figurent encore. Leur liste est fournie en annexe ainsi que leurs paragraphes concernant les pertes financières et les procédures de gestion.  Il  s’agit, au 23 novembre 2009, des documents suivants (les informations en anglais sont indiquées par la mention «EN») :

·         Rapports annuels et rapports des auditeurs («EN»)  pour 2007 2008 (pour  Fondation Rotary et Rotary international)

·         Rapport des auditeurs pour 2008-2009 pour le Rotary international, «EN».

·         Communiqués successifs du secrétaire général du RI, Ed Futa :

·         Rapport du trésorier de la fondation à la Convention internationale de Birmingham  «EN».

·         Réponses à des questions fréquemment posées (Frequently Asked Questions-F.A.Q) «EN».  

·         Politiques et procédures de placement des fonds «EN»..

=>On ne peut donc pas dire qu’il n’y a pas eu d’information au sujet de l’impact de la crise financière sur les finances du Rotary international et de sa fondation. Il y en a eu au contraire beaucoup, et elles sont précises.

En revanche la plus grande partie d’entre elles sont accessibles seulement sur le site du Rotary(et quelquefois en anglais)… … et il faut reconnaître qu’il n’est pas évident d’accéder aux fichiers évoqués ci-dessus.Par ailleurs on peut regretter la publication tardive des rapports annuels 2008 2009, qui ne sont pas encore disponibles le 23 novembre

(seul le rapport des auditeurs pour le RI étant alors diffusé sur le site Internet du RI)

 

 

2.Les actifs financiers de la fondation Rotary et du Rotary international sont très importants (de l’ordre de 800 M$ au 30 juin 2008), et l’organisation de leur gestion est l’objet de procédures précises

 

2.1.  Les placements gérés par la fondation et le Rotary international représentaient environ 800 M$ au 30 juin 2008, répartis essentiellement en 4 fonds : (M$ :millions de US $)

                                                                                                             30 juin 2008                       30 juin 2007

·         Pour la fondation Rotary :                                          691 M$                 dont                      740 M$                 dont

o   Le fonds annuel des programmes                                         434 M$                                                475 M$

o   Le fonds permanent                                                                   208 M$                                                220 M$

o   Le fonds polio plus(et divers)                                                    49 M$                                                  43 M$

·         Pour le Rotary international :                                   103 M$                                                102 M$

o   Le fonds général                                                                                             103 M$                                                102 M$

·         Total Fondation + RI                                                     794 M$                                                842 M$

Ces 4 fonds représentent 95 % des actifs financiers des deux institutions, le reste étant constitué de liquidités

NB : au 30 juin 2009 les  placements du Rotary international étaient réduits à 91 M$(y compris les actifs à court terme)

 

2.2. Les placements des différents fonds de la fondation et du Rotary international sont effectués selon un processus très strict (voir fichier Excel « annexe Excel à l’argumentaire sur les pertes du Rotary »,  onglet «organigramme de gestion des investissements »).

Ils sont en effet gérés :

o   Dans 7 pools spécialisés(actionsUS, actions non US, titres à revenu fixe, immobilier,participations directes, hedge funds,infrastructures)

o   Chacun de ces pôles est divisé en compartiments confiés chacun à un gérant d’ OPCVM spécialisé choisi pour la qualité de sa gestion dans un type de titres financiers (par exemple pour les actions US : grandes sociétés, petites sociétés, sociétés de croissance, etc),et agissant par délégation du conseil d’administration

o   Ces gérants, au nombre total de 15, doivent répondre à des critères de gestion très précis (objectif de rentabilité à 5 ans comparativement à certains indices, obligation  d’information trimestrielle, maximum de liquidités non investies, interdiction d’investir dans des produits dérivés sans avoir de sous-jacents, appréciation globale au bout de 12 mois, etc.)

 

o   Ils sont sélectionnés, contrôlés et sanctionnés selon des décisions prises :

Ø  par le conseil d’administration de la fondation ou du Rotary international,

Ø  sur recommandation de leur comité financier,

Ø  lui-même conseillé par un comité consultatif formé d’un conseil extérieur, et de deux directeurs ou trustees, en présence du trésorier du Rotary international (qui a , semble-t-il, un rôle de suivi ,de transmission d’informations, et de recommandations, mais seulement pour le Rotary international).

Ø  les décisions ont un rythme annuel (appréciation des OPCVM et fixation des objectifs) ou trimestriel (modifications éventuelles des règles d’allocation des fonds)

 

 

3. Les actions sont le véhicule privilégié auquel sont affectés les actifs « investis» (c’est-à-dire en dehors des liquidités et placements à court terme) de ces 4 fonds, qui s’élevaient à 763 M$ au 30 juin 2008:(voir fichier Excel « annexe Excel à l’argumentaire sur les pertes du Rotary », onglet  «structure des investissements du Rotary»).

 

3.1.La structure de ces actifs investis était la suivante au  30 juin 2008

                                                                                                                              

                                                                                                              Total                      Fondation Rotary            Rotary international

                                                                                                              < ………..…………………………………..%....................................>               

 

Obligations                                                                       211 M$ = 28 %                   174 M$ = 26 %                  37 M$ = 43 %                Actions                                                                               429 M$ = 56 %                  379 M$ = 56 %                  50 M$ = 57 %

Autres investissements (immo+ H fund)                             123 M$ = 16 %                  123 M$ =18 %     

 

Total  100 %                                                              763 M$ = 100 %                676 M$ = 100 %                87M$ =100%

 

NB :       -les « autres investissements » de la fondation comportaient de l’immobilier (titres de fonds spécialisés)pour 78 M$,et un investissement de 34 M$ dans un «fonds de hedge funds»(fonds spéculatifs) qui comportait en particulier des obligations représentatives de crédit « subprimes » pour 7M$, et enfin des participations directes pour 11 M$

                -les «autres investissements »du Rotary international comportaient également des obligations représentatives de crédit « subprimes » pour 1,1M$(contre 3,4 en 2007)

NB : au 30 juin 2009 les investissements (hormis les placements à court terme) du Rotary international étaient de 81 M$ dont 46 M$ en obligations et 35 M$ en actions(ce qui montre une inversion de leurs poids respectifs, au bénéfice des obligations)

 

3.2.Le poids prioritaire donné aux actions correspond à une philosophie de gestion classique aux États-Unis (y compris dans la gestion des fonds de retraite) et à plusieurs explications :

·         3.2.1. C’est une démarche fondée sur le constat que dans le passé et sur le long terme, les actions ont dégagé une meilleure rentabilité que les autres placements (mais elles sont également le placement le plus vulnérable en période de crise).

Les règles d’affectation des capitaux gérés par le Rotary international et sa fondation, en juin 2008, selon les rapports annuel sde la fondation et du RI montrent clairement cette préférence pour les actions (hormis pour le Fonds Polio Plus qui n’est investi qu’en produits de taux):

 

                                                               ……………………..Fondation Rotary……………………                                  Rotary international

                                                               Fonds des programmes                               Fonds permanent                          Fonds général

                                                               Mini       Obj        maxi                     Mini       Obj        maxi                      Mini       Obj        maxi

Obligations                                        17 %      22 %      27 %                                      10 %                                      35 %      40 %      40 %

Actions US                                         40 %      45 %      50 %                                      30 %                                      30 %      35%       40%

Action non US                                  15 %      18%       21%                                       25 %                                      20 %      25 %      30 %

Immobilier                                         8 %         10 %      13 %                                      35 %

Hedge Fund                                      3 %         5 %         7 %

 

Remarque : dans le rapport annuel spécifique 2007-2008 du fonds permanent la répartition est plus détaillée que dans celui de la fondation Rotary, et fait état de:

-obligations                       10 %

-actions US                         30 %

-actions non US                 25 %

-immobilier                        13 %

- Hedge Fund                       5 %

-participations directes 12 %

-infrastructure                     5 %

La différence vient d’une ventilation plus précise (et beaucoup plus objective !) des 35 % affectés à « l’immobilier», et fait apparaître un poids plus important des actifs risqués (actions +hedge fund+ participations directes) égal à 72 %.  

Notons à ce sujet qu’il serait souhaitable, dans le rapport annuel de la fondation, d’éviter de regrouper sous le chapitre « immobilier » des investissements aussi divers que les Hedge Funds, les participations directes (qui ne semblent pas être de l’immobilier) et même les infrastructures dont la valorisation obéit à d’autres règles

 

·         3.2.2. Cette priorité donnée aux actions tient probablement aussi à ce que   les contributions des Rotariens arrivent chaque année dans ces fonds en quantités égales ou croissantes et permettent d’investir sans se préoccuper de l’avancement du cycle boursier dans lequel on se trouve . Ainsi, si un cycle dure 6 ans et si (par simplification) il se divise en deux périodes symétriques et de durées égales, on investira:

o   pendant 3 ans en période de hausse des cours ,

o   puis pendant les 3 années suivantes en période de baisse des cours

o   ce qui , somme toute ,fait une moyenne à l’achat.

Le raisonnement est le même pour les ventes, supposées effectuées à un niveau plus élevé compte tenu d’une durée de détention substantielle et d’une pente ascendante « de longue durée » des cours boursiers.

 

·         3.2.3. Par ailleurs, les contributions parvenant au fonds de participation aux programmes y demeurent pendant 3 ans avant d’être affectées à des utilisations opérationnelles (répartition dans les fonds spéciaux de district, financement de subventions, etc.). Cela peut inciter à considérer que seule une tranche d’un an doit être disponible à court terme pour assurer les sorties vers « l’opérationnel », les deux autres pouvant être investies à long terme.

 

·         3.2.4.Enfin une autre raison militant pour le choix des actions, au moins pour la fondation : c’est le souhait de voir les coûts de fonctionnement annuels de la fondation Rotary couverts par les revenus du placement des contributions à son Fonds de participation aux programmes durant les 3 années qui suivent leur versement par les Rotariens.

La vérification sur 10 ans montre que ceci n’est pas vérifié d’une façon permanente si l’on inclut dans les coûts de la fondation les trois éléments suivants : administration générale, gestion des programmes, et études et recherches de fonds. En effet (voir fichier Excel « annexe Excel à l’argumentaire sur les pertes du Rotary », onglet  «structure et rentabilité des investissements du Rotary») :

 

                                                                                                                             1998                      2003                      2003

                                                                                                                             2008                      2007                      2008                                                                                                                                   (10 ans)               (4 ans)                 (5 ans)                                                                                                                               ……………moyennes annuelles……………

-revenus des investissements du fonds des programmes(M$)  18 M$                   47 M$                   32 M$

-taux de rendement des investissements du fonds                         4,9%                      11,7%                   7,8%

-coût de fonctionnement totaux de la fondation(M$)                  25 M$                   34 M$                   35 M$

On voit que la règle est respectée pendant les 4 années 2003-2007(revenus financiers moyens = 47 M$, cf coûts moyens de fonctionnement = 34 M$) mais pas pendant les 10 ans 1998-2008(18 M$ cf 25 M$), ni pendant les 5 années 2003-2008(32 M$ cf 35 M$), durant lesquelles pourtant la rentabilité des investissements a été en moyenne de 7,8 %.

En effet, compte tenu des niveaux maintenant atteints des coûts de fonctionnement totaux de la fondation Rotary (40 M$ par an) et du montant du fonds des programmes (434 M$ en juillet 2008… avant les pertes de l’exercice 2008-2009 !),  il faut un rendement d’environ 9 % pour que la règle soit respectée, ce qui n’est pas évident en permanence

Il y a donc un sérieux problème de capacité de financement des coûts de fonctionnement totaux de la fondation depuis 2007-2008 (ce qui justifie la décision du Rotary international de constituer une commission spéciale sur ce thème)

Moralité : la règle a probablement été respectée sur longue période (20 ans ?) avant les deux chocs boursiers de 2002-2003 et de 2007-2009, et avant la forte et brutale augmentation (+ 75 %)des coûts de fonctionnement de la fondation en 2003-2004, laquelle résultait d’une révision radicale des règles d’affectation des coûts du staff d’Evanston entre Rotary international et fondation .

Mais cette règle risque d’avoir de plus en plus de difficultés à être respectée s’il s’agit de couvrir les coûts de fonctionnements totaux.

En revanche, si le principe est de couvrir seulement les coûts de gestion des programmes (20 M$ en 2007-2008, et 17 M$ en moyenne sur la période 2003-2008) et les coûts d’administration générale (6 M$ en 2007-2008, et 6 M$ sur la période 2003-2008), ce principe est respecté sur moyenne période.

 

Bien entendu, il y a deux risques attachés à cette démarche qui privilégie les actions:

-le risque d’une modification profonde et de long terme des tendances boursières

-le risque d’un krach boursier majeur interrompant la succession de sinusoides acceptables dans le taux de rentabilité autour d’une moyenne positive

 

3.3. Les actifs les plus risqués  ( ceux les plus susceptible s de subir des moins-values potentielles)  s’élevaient à 546 M$ au 30 juin 2007, c’est-à-dire avant le premier choc boursier de l’été 2007, et à 474 M$ en juin 2008

Il s’agit essentiellement des actions , du fonds spéculatifs, et des participations directes

On peut considèrer en effet  que les obligations et l’immobilier ont subi globalement une dépréciation modérée , car

-l’immobilier US a pu baisser de 15 % ce qui représente au total 10 M$ (mais peut-être plus selon le type d’actif immobilier financé). En réalité la perte sur l’immobilier a pu être de 30 % environ soit 10 M$ supplémentaires, mais cela ne change pas significativement l’échelle du problème.

-les fonds obligataires ont eu des comportements très différents selon leur type de gestion (long terme et court terme, spéculatif ou non,) qui ont donné sur la période juin 2007-juin 2009 des rendements allant de -18 % a + 18 %, mais avec une très forte majorité aux environs de +6 à +8 %  .

 

Les actifs risqués à prendre en considération sont donc valorisés comme suit au 30 juin 2007 :

                                                                                                              Total         Fondation Rotary         Rotary international

 

Actions US                                                                         527 M$                 468 M$                                59 M$

                Hedge fund                                                                        10 M$                   10 M$

                Participations directes                                                     9 M$                    9 M$

 

                Total                                                                                    546 M$                 487M$                                 59 M$

 

 

 

4. Le pourcentage de pertes cumulées sur les actifs risqués a été d’une importance inconnue jusqu’alors et avoir légèrement excédé en pourcentage celles constatées sur un panel d’indices boursiers

 

4.1.Ces pertes cumulées ont en effet atteint 297 millions $ à fin février 2009, au plus fort de la crise, dont 266 M$ pour la fondation Rotary .

 

Ces pertes sont apparues à partir de l’exercice 2007-2008 (chute de la bourse durant l’été 2007) :                                                                                                                                                      Total     Fondation Rotary            Rotary international

                                                                                                             <……………………… M$……………………………….>

·         Perte nette sur investissements en 2007-2008                 49                           44                                          5

 

Elles se sont ensuite développées pour l’exercice 2008-2009

selon le calendrier ci-dessous des annonces faites par le

secrétariat général du RI (les chiffres ne se cumulent pas !):

                                                                                                                             <……………………… M$……………………………….>

·         13/11/2008 (Cptes au 30/09/2008) (**)                                               74                           64                                          10

·         12/02/2009 (Cptes au 31/12/2008)                                         178                         159                                        19

·         04/04/2009 (Cptes au 28/02/2009)                                         248                        222                                        26

·         03/06/2009 (Cptes au 30/04/2009)                                         205                        187                                        18

·         08/09/2009 (Cptes au 30/06/2009)                                         176                        164                                        12

 

 

 

Ce qui situe le total des pertes enregistrées depuis juin 2007

(même si elles ne sont pas réalisées) à :                                                             <……………………… M$……………………………….>

·         A fin février 2009 (au plus bas de la crise)                          297                        266                                        31

·         A fin juin 2009 (dernières informations connues)          225                        208                                        17                                                         

 

 (**)chiffres obtenus à partir des pourcentages de pertes annoncées pour chacun des grands fonds gérés

 

4.2.Il s’agit de chiffres extrêmement importants qui tranchent avec ceux du passé, puisque les pertes cumulées exprimées en pourcentage des investissements s’élèvent à:

·         sur les seules 2 années 2007-2008 et 2008-2009 : 29 % pour la Fondation (208 M$/711 M$) , et 18 % pour le Rotary international

·         alors que sur les 10 dernières années, les années successives de résultats négatifs des investissements    (2 au maximum, c’est-à-dire de 2000 à 2002) n’ont jamais accumulé une perte supérieure, en cumul, à 10% pour la Fondation , et 7,5 % pour le Rotary international .

On est donc face à une perspective de perte cumulée sur 2 ans qui est presque 3 fois plus importantes que lors des dernières crises boursières. Il y a manifestement changement d’environnement

 

4.3. Ces pertes (ou moins-values potentielles) à fin juin2009 représentent 41 % de la valeur des actifs risqués qui existaient en juin 2007 c’est-à-dire un pourcentage de pertes comparable (voire légèrement supérieur) à ceux des grandes bourses mondiales pondérés (approximativement) par les règles d’allocations retenues au RI et dans sa fondation.

 

Les % de pertes (moins-values potentielles essentiellement) constatés à fin juin2009 sur les actifs à risques calculés ci-dessus ressortent en effet à :

                                                                                                                             Total     Fondation Rotary            Rotary international

                Pertes accumulées à fin juin 2009                                          225 M$                 208 M$                                17 M$  

                Montant des actifs à risque gérés en juin 2007                 546 M$                 487 M$                                59 M$

                % de perte par rapport à la juin 2007                                    41%                       43%                                       29%

 

Remarques importantes :

-les pourcentages de pertes sur les actifs risqués sont probablement minorés du fait que les pertes globales répertoriées pour l’ensemble de la fondation Rotary sont le total :

Ø  d’un probable profit sur les actifs sans risque des trois fonds

Ø  et d’une perte sur les seuls actifs risqués, évidemment plus importante que les pertes globales prises en compte

-en revanche si l’immobilier a connu une perte d’au moins 30 %, le taux de perte sur les actions pourrait être inférieur de 2 % aux chiffres ci-dessus, soit 39 % au total et 41 % pour la fondation Rotary.

-les commentaires précisent que les pertes annoncées sont «presque toutes »des pertes potentielles, c’est-à-dire qu’il n’y a eu que très peu de ventes à perte. En réalité les arbitrages effectués et les ventes pour trouver des liquidités ont pu générer des « pertes réalisées » à hauteur de 20 à 30 % des montants affichés soit 40 à 60 M$pour la fondation Rotary

Appréciation par rapport à l’évolution des marchés boursiers:

Les % de pertes constatés sur les principaux marchés d’actions sur la même période « juin 2007-juin 2009» sont les suivants

Nasdaq                                -28%

Dow Jones         - 37 %

 

CAC 40 (*)          -48%

Nikkei                   -43 %

Euro Stoxx          -45 %    

               

Brésil                    -17 %

Chine                    -35 %

Russie                  -60 %

Inde                      - 30 %

 

On peut dire qu’en moyenne c’est une chute de 37 % (environ)qui aurait affecté un portefeuille investi selon les règles d’allocation du Rotary international et de sa fondation, c’est-à-dire (pour l’ensemble) 68 % en actions US et 32 % en actions non US (voir fichier Excel « annexe Excel à l’argumentaire sur les pertes du Rotary », onglet  «structure des investissements du Rotary»).

 

La perte enregistrée sur les actifs à risques du Rotary international et de sa fondation(41 %) serait donc du même ordre (voir légèrement supérieur) que celle constatée sur les bourses évoquées ci-dessus(37 %).

En fait elle le serait probablement encore plus dans la mesure où, comme indiqué ci-dessus les pourcentages de pertes sur les actifs risqués semblent minorés car calculés en leur imputant seulement le résultat négatif global qui est lui-même réduit par les produits financiers positifs des actifs sans risque.

 

 

 

5. Cette performance médiocre pourrait s’expliquer par plusieurs phénomènes dont les plus importants semblent être l’attachement profond à la philosophie du placement en actions et la conviction d’une récupération inévitable des pertes subies en période de baisse des bourses .

               

5.1. D’une part il est fréquent que les gestionnaires d’OPCVM n’atteignent pas la performance de l’indice qu’ils ont comme cible

 

5.2. D’autre part certains des actifs risqués autres que les actions ont pu connaître une dévalorisation supérieure à 37 %. Il s’agit :

·         Des fonds spéculatifs (exposition totale de 34 M$)

·         Des participations directes (11 M$) : c’est probablement dans ce domaine que seront logés les titres représentant « une exposition légère aux compagnies qui sont passées sous le contrôle du gouvernement américain (Fannie Mae, Freddie Mac et AIG), ou ont été rachetées par d’autres sociétés (Merrill Lynch et Washington Mutual) ou se sont placées sous la loi de protection sur les faillites (Lehman Brothers)».

·         Voire également de l’immobilier qui a pu s’effondrer de plus de 15 %, hypothèse adoptée précédemment.

 

5.3. L’évolution de la parité du dollar a pu avoir un impact , car de juin 2007 à juin 2009 :

·         Le dollar s’est dévalorisé par rapport à l’euro(-5 %), améliorant de ce fait la performance des investissements en euros (par rapport aux indices européens) dans le portefeuille d’actions non US

·         Simultanément le dollar s’est fortement dévalorisé par rapport à la livre sterling et au yen( de l’ordre de -20%) améliorant la performance en $ des investissements dans ces devises

·         On ne connaît pas la part de ces pays dans les actions hors USA.

 

 

5.4. Enfin et surtout, la gestion des investissements de la fondation Rotary présente une organisation ,des procédures , et une philosophie qui semblent s’opposer à une réaction rapide et énergique en cas de crise brutale de la bourse.

·         5.4.1. D’une part, les règles d’allocation des fonds entre les actions et les autres placements ne peuvent pas être modifiées instantanément . En effet elles ne sont revues :

o   Qu’en fin d’année, de façon systématique, et exceptionnellement en cours d’année. Cela a eu lieu en 2007-2008 ou les parts réservées aux obligations et aux actions de pays émergents en ont été accrues, mais probablement modérément

o   Eventuellement en cours d’année selon un processus de décision apparemment très lourd , probablement pour deux raisons :

Ø  il faut en tout état de cause remonter aux conseils d’administration qui en principe ne se réunissent que trimestriellement,

Ø  l’ajustement se fait en modifiant l’importance des investissements dans tel ou tel type d’actifs cantonnés (par exemple, comme en 2008, augmenter modérément la part des pays émergents au détriment de celle des pays développés) et non pas en imposant une augmentation importante  de la part des liquidités en les passant par exemple de 10 % à 50 % du total, comme certaines sicav diversifiées ont su le faire en Europe.

o   Et en tout état de cause (semble-t-il) en restant dans les limites de pourcentage mini et maxi décidés par le conseil d’administration en début d’exercice.

 

·         5.4.2.De ce fait la réactivité immédiate face à un événement brutal et majeur ne semble possible (pour l’essentiel). qu’  au niveau des gérants des OPCVM

o   Mais ces derniers sont limités par 2 contraintes :

Ø  Chacun d’eux ne peut investir que dans la typologie des actions dans laquelle il est spécialisé

Ø  Et il lui est demandé (c’est très clairement précisé pour ceux travaillant pour le fonds général du RI) qu’ au moins 90 % des capitaux gérés soient investis ; il leur est donc impossible de réduire le risque en augmentant par exemple à 50 % des parts de liquidités

o   La seule solution envisageable semblerait donc être l’achat de dérivés pour (par exemple) neutraliser le risque de baisse sur une partie du portefeuille

Ce recours aux dérivés est prévu dans les lettres de mission des gérants « dès l’instant où ils ne sont pas pratiqués « a découvert ».

Mais il ne semble pas que cette technique ait été utilisée,

o   Le recours des ordres « stop-loss » (c’est-à-dire des ordres de vente automatiques dès l’instant où le cours d’un titre atteint à la baisse un niveau déterminé) , auxquels on pourrait penser pour déclencher des décisions de sécurité, n’est envisageable que sur des titres vifs et dans la limite où cela ne réduit pas le pourcentage d’investissement en dessous des 90 %.

o   La seule adaptation, apparemment, a donc été une légère augmentation du poids des obligations au détriment des actions pendant l’exercice 2007-2008, ainsi qu’un léger basculement vers les actions des pays émergents . 

 

·         5.4.3.Et d’ailleurs, les  rapports annuels du RI et de la fondation ainsi que les communiqués trimestriels du secrétaire général réaffirment systématiquement la stabilité de la politique choisie. Par exemple :

o   Extrait du document « philosophie d’investissement » téléchargeable sur le site du RI, et reproduit dans «l’annexe à l’argumentaire sur les pertes du Rotary »

=>L e Rotary investit prudemment sur le long terme. Le Rotary et sa Fondation s'efforcent de planifier pour les besoins d'aujourd'hui et d'anticiper ceux de demain

o   Rapport annuel de la fondation Rotary à fin juin 2008(idem)

=>Il y plusieurs années, les administrateurs de la Fondation ont commencé à diversifier les investissements vers d’autres formes de placements qui permettent de limiter l’impact d’un

retournement défavorable des marchés financiers.

 

o   Rapport annuel du RI à fin juin 2008 (rédigé durant l’été 2008), idem:

=>Maintien de la politique de placement qualifié de « gestion prudente ayant fait ses preuves et devant permettre aux programmes et aux actions de se poursuivre tel que prévu (sic)grâce à un portefeuille diversifié permettant de minimiser l’impact des pertes dans un type de marché difficile».

o   Message du secrétaire général du 29 septembre 2008 , idem:

=>La commission a confirmé que les différentes stratégies d’investissement mises en place par les administrateurs du R.I. et de la Fondation Rotary étaient bien adaptées pour le long terme. La commission a également conseillé de poursuivre la diversification des actifs financiers afin de limiter les risques.

o   Message du secrétaire général du 8 septembre 2009 , et même:

=>Certains Rotariens ont suggéré que la fondation adopte une politique financière plus conservatrice pour le fonds de participation aux programmes. Notre stratégie a été historiquement très rentable permettant à la fondation de financer pendant 20 ans ses coûts de fonctionnement et de recherche de fonds, et d’allouer chaque année plus de 100 millions $ à ses programmes tels que polio plus, etc. etc.

Il n’est JAMAIS fait allusion à une nécessité d’adaptation rapide à un événement grave telle que la crise financière exceptionnelle de 2007-2009,  ce qui donne l’impression qu’au moins jusqu'à maintenant, il valait mieux subir la crise et attendre la remontée des cours dès l’instant où les règles d’allocation étaient bien choisies.

Cette inertie se comprend d’autant moins que le fonds des programmes, le plus gros, doit satisfaire 2 besoins qui s’avèrent incompatibles avec une gestion majoritairement en actions dans une optique essentiellement long terme, à savoir :

-être capable de restituer durant l’année N+ 3 les contributions des Rotariens de l’année N, ce  qui milite pour un placement d’un horizon de 3 ans et peu risqué,

-fournir des revenus financiers du fonds des programmes au moins égaux aux coûts de fonctionnement de la fondation , c’est-à-dire :

o   soit 40 M$ dans la version extensive, ce qui correspond, même avec le  montant d’actifs de 475 M$ (niveau atteint en juin 2008), à une rentabilité minimale de 8,4 % en moyenne et un provisionnement de tous les revenus de placements au-delà de ce pourcentage pour faire face aux années creuses)

o   soit 20 à 26 M$ dans la version restreinte, ce qui correspond à une rentabilité minimale moyenne de 4 à 5 % ce qui est plus réaliste.

 

 

Le directeur financier du RI lui-même déplore dans son rapport à la Convention de Birmingham 2009 que

=> «la pratique couramment admise de diversifier les investissements entre beaucoup de types d’actifs n’a pas permis de limiter les effets de l’effondrement des marchés du crédit, créant ainsi un dysfonctionnement du marché dont aucun exemple n’avait été vu depuis les années 30. Typiquement, avec un portefeuille diversifié, les chutes enregistrées sur un segment de marché sont au moins partiellement compensées par une croissance dans un autre. Dans l’environnement actuel cependant il n’y a pas eu de croissance dans une classe d’actifs susceptibles de compenser les pertes dans d’autres». On retrouve là la philosophie d’une diversification entre les types d’actions, mais non entre actions et titres à revenu fixe ou liquidités.

 

En d’autres termes la philosophie adoptée au départ et qui a fait ses preuves jusqu’à il y a 2 ans n’a pas été remise en cause. Les mêmes solutions ont été adoptées qu’après la crise de 2002-2003 à savoir :

o   On a révisé chaque année (modestement)les règles d’allocation au vu de prévisions à 5 ans fournies par la banque conseil,et des objectifs de performances souhaitées  au même horizon. Et l’on s’y tient dans l’année

o   On a constaté les évolutions ,et éventuellement on a regretté que la diversification ne joue pas car les bourses de tous pays ont réagi en phase

o   Mais on n’a pas décidé d’augmenter fortement  la part des liquidités ou des obligations à hauteur de 80 % dès l’instant où la chute des indices boursiers se traduisait  déjà par une perte égale, par exemple, au maximum connu en 2 années successives dans l’histoire récente de la fondation(c’est-à-dire – 10% pour la fondation et -7,5 % pour le RI) en 2000 2002 .

o   Et on n’a pu qu’agir sur les variables d’ajustement que sont les réductions de coûts de fonctionnement, et les réductions des prestations de la fondation (essentiellement les subventions).

 

Il s’agit donc d’une gestion à long terme et absolument pas d’une gestion flexible des actifs risqués qui:

o   S’imposerait de préserver le capital au moins à 95 %, et donc de faire varier l’exposition en actifs risqués de 0 % à 100 % suivant les tendances du marché,

o   En exploitant les perceptions différentes du marché que les différents gestionnaires utilisés peuvent avoir afin de diversifier le risque d’une mauvaise perception des tendances.

o   En ayant une capacité de réaction rapide.

 

Le directeur financier du RI a annoncé qu’une réflexion était engagée pour « réexaminer  les politiques d’investissement eu égard à la diversification, à l’exposition et au risque » . Espérons que les réflexions iront dans la direction ci-dessus.

Notons à ce sujet que la gestion du Rotary International a été plus prudente que celle de la fondation, en recourant plus massivement aux obligations.

Précisons également qu’une SICAV française, opérant sur toute la gamme des actions, obligations, et produits dérivés, n’a enregistré en 2008 qu’une baisse de 1 % de la valeur de son titre(lequel a maintenant dépassé de 20 % son cours maximal de l’été 2007), tout en gérant un actif de plus de 200 M$ ! Mais ceci au prix d’une gestion très tendue avec des arbitrages fréquents. Et sur 7 ans, elle a doublé la valeur de son titre soit une valorisation moyenne de 11 % par an.

 

6. Ce constat ne serait pas aussi préoccupant s’il n’avait un impact immédiat sur les projets des clubs (certes compensé par les initiatives des districts), c’est pourquoi il pourrait être suggéré aux responsables de la fondation un infléchissement de leur politique de gestion

 

                6.1.La philosophie adoptée par les responsables de la fondation est , répétons-le, de se référer à l’expérience du passé qui a montré qu’ une importante chute des indices était souvent effacée au bout de quelques années. Il suffirait donc d’attendre dans la mesure où on raisonne à long terme.

 

Il est vrai que la situation qui se redresse depuis février 2009 s’est encore améliorée depuis le 30 juin et devrait se traduire par un retour à des produits d’investissement positifs en 2009-2010 si aucune rechute importante de la bourse ne survient d’ici là. Cette amélioration « mécanique » tient à ce que :

·         les titres n’ont, pour leur grande majorité, pas été vendus et de ce fait leur valorisation augmente avec la remontée des indices boursiers,

·         ce qui réduit d’autant le niveau des moins-values potentielles, et fait apparaître un résultat financier positif

 

Au 31/08/2009, les moins-values potentielles sur les actifs risqués de l’ensemble « fondation Rotary + Rotary international » se sont probablement réduites de 45 M$ par rapport au 30 juin, se traduisant par un résultat positif du même montant . Au 30 septembre on peut espérer que la réduction des pertes atteigne 60 MF

Ce chiffre pourrait doubler d’ici le 30 juin 2010  si les indices boursiers progressent encore de 14 % (par exemple dans le cas du CAC, de 3700 à fin août à 4200 en juin 2010) .

Cela générerait alors sur l’ensemble de l’exercice 2009-2010 :

o   des produits d’investissement d’environ 90 M$ sur les actifs risqués

o   et peut-être de 100 M$  sur l’ensemble des actifs investis dont 60 à 66 M$ pour le Fonds des Programmes (sous le simple effet de la revalorisation des actifs dont l’allocation n’aurait pas été changée).

Cette perspective, strictement dépendante de la remontée (exceptionnellement rapide) des cours boursiers, permettrait alors au fonds des programmes de pouvoir à nouveau couvrir les coûts de fonctionnement de la fondation Rotary , y compris pour une partie des années déficitaires récentes.

                                                                                                              Fond + RI            Fds des Progr.

Actifs risqués :

A.      Valorisation au 30/06/2008                                474 M$                 250 M$ estimés               cad 60 % du total

B.      Résultats d’investissement 2008-2009          -176 M$               -114 M$ estimés               

C.      Valorisation au 30/06/2009=A+B                     298 M$                 136 M$

 

D.      Valorisation supplé. au 31/08/09                    45 M$                     30 M$

E.       Valorisation au 31/08/2009 =C+D                     343 M$                 166 M$

 

F.       Valorisation supplé d’ici 30/06/2010                 59 M$                   36 M$ (cad = 14% id CAC 3700=> 4200)

G.     Valorisation au 30/06/2010=E+F                      402 M$                 202 M$

H.      Résultats d’investissement 2009-10               (=D+F)  103 M$                   66 M$

 

                6.2.Mais les deux krachs boursiers subis depuis 2001 ont malgré tout obligé les organes dirigeants du Rotary international et de sa fondation en à prendre des décisions douloureuses à court terme en particulier sur 2 variables d’ajustement:

·         les coûts de fonctionnement

·         les prestations de la fondation.

 

Cela frustre donc les clubs qui sont censés financer la fondation avec optimisme dans l’esprit de lui assurer une croissance permanente et d’en bénéficier en retour, sans de tels à-coups violents sur leur fonctionnement susceptibles d’ébranler leur confiance en cet outil original alors qu’a été engagé récemment un plan « vision pour l’avenir » qui vise à faire de la fondation « la fondation de chacun des Rotariens » et de rapprocher sa gestion de « la base ».

 

                6.3.Certes l’impact du tout dernier krach boursier va être amorti par des aides exceptionnelles mises à disposition des clubs de la zone 11 pour compenser le coup de frein imposé aux subventions de la fondation . Ces aides prendront la forme :

·         de la consommation accélérée des fonds spéciaux de district qui s’élèvent pour la France entière à 1,6 M€ … soit en moyenne presque 100 000 € par district,

·         d’aides complémentaires prélevées sur les réserves éventuelles des Acrodis.

 

                Mais de telles solutions ne peuvent être utilisées qu’exceptionnellement et sans possibilité de répétition ,

 

                6.4.Il semble donc logique de demander à la fondation Rotary  d’infléchir ses  «politiques d’investissement, d’exposition et de risque »en intégrant:

·         plus de flexibilité dans sa gestion (comme évoqué précédemment)

·         une mise en réserve momentanée des produits d’investissement du fonds des programmes dès l’instant où ils excèdent un niveau considéré comme raisonnable à long terme par exemple 5 %(c’est le taux de rentabilité obtenue sur les 10 dernières années à la fois par la fondation et par le Rotary international sur l’ensemble de leurs actifs)

·         et si nécessaire une adaptation corrélative des modes de financement des coûts de fonctionnement de la fondation qui s’élèvent (dans leur conception maximale) à 40 M$ par an, quitte à ce que ce soit éventuellement par une majoration progressive et modérée de la contribution demandée à chaque Rotarien. Il serait intéressant de savoir si cette mesure serait mieux adoptée que le risque de voir les prestations de la fondation brutalement interrompues

·         le tout en permettant d’éviter des à-coups difficiles à supporter à la base

                                              

 

6.5. Cette demande pourrait prendre la forme d’ une intervention à l’institute de Paris par les gouverneurs en exercice de la zone 11, au cours duquel ils solliciteraient le conseil d’administration du Rotary international pour qu’il porte  le problème devant le Conseil de législation, selon l’argumentaire ci-après :

 

Les Rotariens sont fiers de leur Fondation qui contribue au rayonnement international du Rotary, et qui bonifie certaines des actions de leurs clubs.

 

Mais les Rotariens et leurs clubs sont frustrés et inquiets de subir à nouveau les conséquences des pertes financières de leur fondation à la suite de la crise boursière.

 

Ils suggèrent donc que soient étudiées :

                -des mesures alternatives à la non flexibilité des règles d’allocation des fonds (actuellement majoritairement investis en actifs risqués) dans le cycle boursier afin de limiter le risque de dévalorisation global du fonds permanent et du fonds des programmes à un pourcentage raisonnable (-5% ?) de leur niveau à la fin du dernier exercice bénéficiaire

                -le principe de la mise en réserve systématique des produits des investissements de ces deux fonds dès l’instant où ils excèdent un niveau à déterminer (5 % ?), les réserves ainsi constituées étant destinées à combler les rendements inférieurs à la norme minimale durant les années défavorables

                -l’adaptation corrélative éventuelle du mode de financement des coûts de fonctionnement de la fondation

 

                                                                                              ***************

 

                                                              

 

EN CONCLUSION

 

(qui peut servir de base pour un argumentaire dans les clubs)

 

Les pertes importantes subies par la fondation Rotary et le RI au cours des 2 exercices 2007-2008 et 2008-2009 ne proviennent ni d’un manque de responsabilité ni d’une légèreté dans la gestion.

Elles semblent beaucoup plus provenir d’une fidélité trop stricte  

-à une gestion dans une optique de long terme et donc au recours aux actions

-à une démarche empirique qui a fait ses preuves pendant longtemps pour couvrir les frais de la fondation Rotary… mais qui est désavouée en période de crise boursière grave si l’on inclut les frais de recherche et de collecte dans ses coûts de fonctionnement

-à des procédures rigoureuses mais qui, pour limiter le risque, sclérosent la capacité de décision et handicapent à tous les niveaux la capacité d’adaptation à une nouvelle situation.

 

D’ores et déjà les pertes en question se réduisent substantiellement au fur et à mesure de la remontée des indices boursiers et ramener le Rotary international et sa fondation en situation bénéficiaire dès 2009-2010.

 

Mais il conviendrait que des dispositions soient prises pour éviter à l’avenir de subir passivement des chocs aussi importants (qui ne sont d’ailleurs pas encore résorbés)

 

Cela justifierait peut-être une démarche collective des gouverneurs de la zone 11, demandant, lors de l’institute de Paris en décembre 2009,et d’une façon non polémique, que le conseil d’administration du Rotary international présente au Conseil de législation de 2010 une proposition de réforme de la gestion financière des fonds de la fondation dans l’esprit évoqué ci-dessus.

 

Certes, il a été décidé la constitution d’une commission chargée d’étudier les moyens les plus équitables de reconstituer les fonds de la fondation, mais travaille- t’elle dans l’esprit ci-dessus ?

 

                                                                              *********************

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